Quel est le rôle de la sage-femme pendant la grossesse ?

sage-femme

La grossesse est souvent synonyme de nouveautés pour beaucoup de futures mamans, que ce soit en termes de services, produits ou style de vie tout simplement. Les suivis médicaux n’échappent pas à ce côté nouveau et les futures mamans découvrent bien souvent au cours de leur première grossesse, des professions de santé encore jamais consultées auparavant.
Maternice a voulu mettre en lumière dans cet article l’incroyable profession des sage-femmes. Véritables partenaires des femmes tout au long de leur vie, elles jouent un rôle particulier et intime au cours des grossesses en pré et postnatal.

Soutenant le concept Maternice depuis ses débuts, c’est donc tout naturellement que nous avons sollicité l’une d’entre elle basée à Nantes pour mieux connaître le métier, l’accompagnement auprès des femmes enceintes et les conseils pour vivre au mieux sa maternité.
Nous retrouvons Julie Lainé, sage-femme libérale depuis 5 ans, dans son cabinet du centre de Nantes ; entourée de nombreux faire-parts de naissance, elle nous reçoit chaleureusement entre deux rendez-vous.

Présentez-nous le métier de sage-femme…

La sage-femme est la personne référente de la femme dans toutes les étapes de sa vie. Depuis l’adolescence, en passant par la grossesse jusqu’à la ménopause, la sage-femme est présente dans le suivi physiologique gynécologique des femmes. Le cœur du métier reste néanmoins le suivi des grossesses en prénatal et postnatal. Les sage-femmes sont présentes dans toutes les structures d’accompagnement de la maternité : clinique, hôpital, planning familial, PMI ou en cabinet pour les libérales.

Quelles sont les qualités requises pour être sage-femme?

Patience, empathie et rigueur.
Même si dans 90% des cas, les suivis sont physiologiques et ne nécessitent pas l’intervention d’un gynécologue, la sage-femme peut parfois être confrontée à des cas plus spécifiques et plus à risque. Dans ce cas, elle doit dans savoir prioriser et savoir quand c’est le moment de rediriger vers ses confrères médecins ou gynécologues.

Une anecdote qui a changé la façon d’exercer votre métier ?

Plus qu’une anecdote, c’est le fait de devenir moi-même maman qui a changé ma façon d’exercer.
Bien plus que la théorie que l’on peut apprendre au cours de nos études, pour accompagner une femme enceinte ou une maman, c’est un vrai plus d’être maman soi-même ! 😊

J’ai par exemple rencontré des difficultés pour allaiter ; j’ai donc fait des recherches par moi-même sur le sujet, je me suis beaucoup documentée, ce qui a permis d’enrichir mon approche et mes connaissances sur le sujet. Depuis, je dirais que mes conseils aux jeunes mamans qui allaitent sont beaucoup plus poussés ; je les aide sur comment installer leur bébé et je parviens à détecter en amont des petits problèmes beaucoup plus tôt qu’auparavant.

Quels sont les principaux sujets qu’abordent les futures mamans auprès de vous ?

Il y a beaucoup d’appréhension autour de l’accouchement évidemment pour les premières grossesses. Les futures mamans ont besoin de savoir comment ça va se passer, quel sera le déroulé.

En revanche, pour des multipares (femmes ayant déjà eu un ou plusieurs enfants), elles veulent faire les choses davantage à leur façon pour leur accouchement ; certaines sont par exemple prêtes à gérer la douleur naturellement sans péridurale et l’ensemble de leur préparation à la naissance répond à cet objectif (sophrologie, hypnose, etc.).

Qu’est-ce qui rend une sage-femme heureuse ?

Une maman heureuse rend une sage-femme heureuse.
La profession permet de créer un lien particulier avec les patientes ; les sujets abordés sont très intimes et les consultations souvent récurrentes sur plusieurs séances, ce qui permet d’avoir une relation privilégiée avec les patientes. Le mieux est d’accompagner une femme jusqu’au bout de la résolution des problèmes qui l’ont poussée à consulter, par exemple sur l’allaitement.

Ainsi, notre rôle est d’accompagner de façon personnalisée chaque femme, d’être à l’écoute de ses attentes et besoins et de lui proposer la solution la plus adaptée à son profil, sans vouloir lui imposer un modèle préconçu. Avoir la naissance qu’elles ont souhaité ou les aider à bien vivre un accouchement qu’elles imaginent avec stress et appréhension, voilà de belles réussites en tant que sage-femme. Le plus beau compliment que l’on m’ait fait, de la part d’une jeune maman après sa rééducation périnéale :

Merci de m’avoir aidé à redevenir femme

Que pensez-vous de l’initiative Maternice?

Maternice facilite la vie des futures mamans et jeunes parents par le fait que tout est répertorié sur un même site internet.

De plus, il est important d’encourager les femmes enceintes à s’accorder du temps rien que pour elle ; la grossesse est une parenthèse dans la vie d’une femme au cours de laquelle elle doit prendre soin d’elle, plus qu’en dehors de toute autre période.

De même, une fois que le bébé est là, il est souvent compliqué pour les jeunes mamans de se reconnecter à leur vie de femme ; la tentation de s’oublier est grande, c’est par ce genre d’initiative comme Maternice que l’on peut prendre du temps pour son bien-être, sa santé et ainsi mieux vivre cette nouvelle vie.

Un conseil aux futures et jeunes mamans pour vivre au mieux leur maternité ?

La grossesse n’est pas une maladie.
Bien que l’accompagnement en France soit plutôt très médicalisé, et peut parfois être anxiogène, il faut continuer à vivre normalement tout au long de sa grossesse et même après.

Je tiens à rappeler que dans 90% des cas, les grossesses se passent bien avec une maman et un bébé en bonne santé.

Il faut essayer de prendre du recul le plus possible par rapport à l’ensemble des contraintes et interdits qui sont relayés auprès des femmes enceintes ; manger une tranche de saucisson ne vas pas mettre en péril une grossesse par exemple ! 😊

Un conseil à toutes les femmes ?

Prendre soin de leur périnée !

En suite de couche, on voit trop souvent des femmes qui découvrent ce qu’est leur périnée et comment en prendre soin. L’accouchement fragilise ce groupe de muscles, c’est pourquoi en prendre soin bien avant et tout au long de sa vie peut permettre d’éviter les fuites urinaires à chaque fou rire ou éternuement…

Quelques conseils essentiels à mettre en place facilement :

Tout d’abord, il est important d’aller aux toilettes à chaque envie et de ne pas se retenir. Eviter les « pipis de précaution », c’est-à-dire y aller juste avant une sortie par exemple alors même que l’envie n’est pas encore là…C’est quelque chose à enseigner aux petites filles dès leur plus jeune âge !

Aussi, il est très mauvais d’uriner sous la douche. En effet, cette mauvaise habitude peut entraîner un cercle vicieux qui provoquera l’envie dès lors qu’un robinet coule.

Enfin, la position sur les toilettes est importante ; on peut soulager son périnée en surélevant légèrement les pieds avec quelques livres, un carton ou une petite marche.

Cependant, pas de panique, aucune situation n’est irrémédiable et j’ai récemment accompagné une femme âgée de 90 ans qui venait seulement d’avoir des fuites urinaires et qui souhaitait remuscler cette zone 😊

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